Cette conclusion émane du ‘rapport de synthèse sur l’évaluation des écosystèmes pour le millénaire’, publié hier par l’ONU à Paris.
Au quatre coins du monde, 1.300 experts ont contribué à ce rapport qui porte sur l’état général des systèmes écologiques nécessaires au maintien de la vie sur Terre.
Ils concluent à la dégradation d’environ 60% des services clés fournis par la nature à l’homme (sur une liste de 24 services tels que la fourniture d’eau douce, les stocks de pêche, la régulation du climat...). Certes, la productivité de services comme l’agriculture, le bétail et les produits de l’aquaculture s’est accrue, concourant au bien-être de millions d’hommes. Mais cette productivité s’est réalisée au détriment des autres services de la nature. Ainsi, la surexploitation des stocks de poissons a épuisé les ressources, et la fourniture d’eau douce est à un niveau inférieur aux besoins. Depuis 1945, il y a eu plus de terres converties à l’agriculture qu’au cours des 18e et 19e siècles réunis. Un quart de la surface de la planète est cultivé. Ces modifications drastiques des sols se traduisent par une perte de la diversité des espèces : 12% des oiseaux, un quart des mammifères et au moins 32% des amphibiens sont menacés de disparition d’ici un siècle.
Les pauvres sont les plus touchés par les modifications induites par l’homme. Les barrages, par exemple, fournissent l’énergie aux villes, mais bouleversent l’accès à la terre et à la pêche pour les ruraux. La déforestation à grande échelle, en Indonésie ou en Amazonie, pénalise les populations autochtones qui vivent de la forêt.
Le rapport formule quelques pistes pour enrayer la dégradation : prendre en compte la nature dans la prise de décision, améliorer la planification, et influencer les comportements individuels. ¦
http://www.freemetro.be/fr/ le 31 janvier 2005