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Les chiffres de Tchernobyl maquillés par les autorités françaises depuis 1986 ?

mardi 5 avril 2005 par admin

Nuage de Tchernobyl :rétention d’infos

Le Service central de protection contre les rayons ionisants a fourni des cartes de relevés inexactes et les autorités de contrôle n’ont pas tout dit.

Les chiffres de Tchernobyl maquillés par les autorités françaises depuis 1986 ?

Le site de Tchernobyl

les éléments d’une expertise remis récemment à la juge chargée de l’enquête sur le passage du nuage de Tchernobyl en France, indiquent que les autorités de contrôle n’ont pas transmis tous les éléments dont elles disposaient, a-t-on appris samedi 26 mars de source proche du dossier.

La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy en charge de cette information judiciaire depuis juillet 2001, vient de recevoir des experts Paul Genty et Gilbert Mouthon les éléments de cette expertise, comme l’ont indiqué plusieurs médias samedi matin.

Selon ces éléments, le Service central de protection contre les rayons ionisants (SCPRI) a eu connaissance de valeurs de radioactivité parfois très élevées. En outre, les cartes de relevés que ce service a fournies sont inexactes, selon les experts.

Perquisitions

Au cours de leur travail, les deux experts se sont fondés sur les documents saisis à l’occasion de perquisitions menées en novembre 2001 dans différents ministères et organismes impliqués dans la prévention du risque nucléaire.

Pour sa part, la Commission de recherches et d’informations indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), partie civile dans le dossier, qui a réalisé ses propres relevés et publié ses propres cartes dès 2001, avait déjà montré du doigt des valeurs de radioactivité nettement supérieures à celles des autorités de contrôle.

Le président de la CRIIRAD Roland Desbordes, s’est dit "choqué" par la publication dans la presse d’éléments de l’expertise. Selon lui, ces révélations pourraient avoir des "conséquences néfastes sur la suite de la procédure". Il manque en outre encore quelques éléments dans le travail des deux experts qui passe par l’analyse minutieuse des nombreux documents saisis lors des perquisitions, selon des sources proches du dossiers.

© Le Nouvel Observateur 1999/2000


Forum

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    7 avril 2005, par admin

    Tchernobyl : la thèse du "mensonge d’Etat" se précise

    Presque 20 ans après la catastrophe de Tchernobyl, une nouvelle expertise accrédite la thèse d’une dissimulation, par les autorités, d’informations sur le passage du nuage issu de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, en 1986.

    Le nuage de Tchernobyl ne s’est pas arrêté aux frontières de l’hexagone, les autorités françaises ont menti. C’est ce qu’affirme un nouveau rapport d’experts remis récemment à Marie-Odile Bertella-Geffroy, la juge chargée de l’enquête sur le passage en France entre le 30 avril et le 5 mai 1986, du nuage issu de l’explosion de la centrale nucléaire, en Ukraine.

    L’expertise accrédite la thèse d’une dissimulation, par les autorités, du véritable danger de cette masse. A l’époque, les autorités expliquaient, cartes à l’appui, que le nuage radioactif s’était arrêté aux frontières françaises grâce à un anticyclone. Et donc, qu’il n’y avait pas de risque pour la santé des Français.

    Une radioactivité plus élevée

    Selon les experts, le physicien nucléaire Paul Genty et Gilbert Mouthon, les autorités auraient notamment minimisé l’ampleur des mesures effectuées. Sur la base de documents saisis lors de perquisitions dans des ministères et organismes impliqués dans la prévention du risque nucléaire, ils ont constaté que les mesures de radioactivité effectuées à l’époque par les autorités françaises, EDF, la Cogema ou la gendarmerie étaient beaucoup plus élevées que celles diffusées à la presse et à l’opinion publique.

    Cette nouvelle expertise est la première confirmation officielle d’une thèse défendue dès l’époque des faits par les écologistes et des scientifiques indépendants.

    Ils avaient souligné le décalage entre les déclaration rassurantes des autorités et les mesures d’urgences prises dans les autres pays. En Allemagne, par exemple, la consommation de produits frais avait été interdite au moment du passage du nuage.

    Cancers de la thyroïde

    La juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy avait été saisie en juillet 2002 d’une information judiciaire contre X pour "atteintes involontaires à l’intégrité physique par manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence". Cette procédure faisait suite à des plaintes de plusieurs centaines de personnes souffrant de cancers ou d’affections de la thyroïde qu’elles imputent au passage du nuage.

    L’avocat Emmanuel Ludot a demandé dimanche sur RTL la mise en place urgente d’un fonds d’indemnisation pour les victimes françaises de la catastrophe de Tchernobyl, estimant que la responsabilité politique était établie dans cette affaire.

    A.Ga.