"Terri Schiavo est décédée il y a juste un petit moment", a annoncé ce moine franciscain devant la clinique où était alitée la jeune femme, au centre d’un débat national sur l’euthanasie.
Le président américain George W. Bush, le Congrès fédéral et le gouverneur de Floride Jeb Bush, frère du président, avaient pris fait et cause pour le maintien en vie de Terri Schiavo, ardemment défendu par des organisations chrétiennes conservatrices.
Immédiatement après l’annonce de cette mort, des chants religieux se sont élevés de la petite foule des opposants à l’euthanasie mobilisée depuis près de deux semaines devant la clinique de Terri Schiavo.
Son mari, Michael Schiavo, avait obtenu en justice qu’elle ne soit plus maintenue en vie, contrairement aux souhaits de ses parents, Bob et Mary Schindler, et ils s’étaient affrontés en justice pendant quelque sept ans.
Les parents, le frère et la soeur de Terri Schiavo, n’étaient pas dans la chambre à l’heure de son dernier soupir, selon Paul O’Donnell, qui se présente comme le conseiller spirituel de la famille Schindler.
Moins d’une heure auparavant, il avait annoncé que la famille avait supplié la police et leur gendre de les laisser rester au chevet de Terri à l’heure de sa mort.
Michael Schiavo, le mari et tuteur légal de cette femme de 41 ans, avait légalement l’autorité de décider le partage des heures de visite, de telle sorte qu’il n’ait jamais à rencontrer sa belle-famille.
Une autopsie doit être pratiquée sur Terri Schiavo à la demande de son mari et avec l’accord de ses parents. Elle pourrait notamment déterminer si la jeune femme était bien dans un état végétatif persistant, comme l’a établi la justice sur la foi d’expertise médicale, ou si elle avait gardé un "état de conscience minimale", comme l’affirmaient ses parents.
Selon les dispositions décidées par Michael Schiavo, le corps de la jeune femme devrait ensuite être incinéré, et ses cendres transférées dans un cimetière en Pennsylvanie (est), alors que ses parents souhaiteraient qu’elle soit inhumée en Floride, où ils habitent.
AFP 31.03.2005 - 17:43
Fleurs installées par les opposants à la mort de Terri Schiavo devant l’hôpital de Floride où elle résidait. (AP /Steve Nesius)
La mort de Terri Schiavo met fin à une bataille sans précédent - ou presque. Le mari de cette femme de 41 ans, dans un état végétatif depuis 15 ans, a demandé à ce qu’une autopsie soit pratiquée afin de mettre fin au débat qui l’a opposé aux parents de son ex-femme. Ceux-ci affirmaient en effet que leur fille était dans un état de conscience minimum plutôt que dans un état végétatif sans conscience aucune - par ailleurs diagnostiqué par de nombreux médecins.
Terri Schiavo a été victime d’un arrêt cardiaque qui a privé son cerveau d’oxygène. Cette anoxie provoque généralement de gros dégâts dans le cerveau. Cependant les techniques d’imagerie médicale, comme l’IRM, ne permettent pas de voir l’ensemble des zones touchées ou l’état des fibres nerveuses. L’autopsie permettra donc d’en savoir plus et d’étudier en détail l’état du cortex cérébral, siège de la conscience, qui est sérieusement endommagé chez les personnes en état végétatif persistant.
Il n’est pas certain que l’autopsie détermine de façon définitive l’état mental de Terri Schiavo. Encore moins certain que ses résultats mettent fin à un débat passionné et politisé qui a largement débordé le cas de cette jeune femme dont la vie a basculé à l’âge de 27 ans.
C.D.(01/04/05) Le Nouvel Observateur.